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Tony Simard, l'un des pionniers de Brainforest

Sinopec à nouveau dans le Parc National de Loango

Comment peut-on opter pour la destruction d'un tel paradis au profit de quelque barils de pétrole?

Loango

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28-mai-2007 :

Après avoir réçu l'ordre de stopper ses opérations de prospection pétrolière dans le Parc National de Loango en août 2006 sous la pression des ONG environnementales, la compagnie pétrolière chinoise SINOPEC vient de voir sa deuxième étude d'impact environnementale validée par la Direction Générale de l'Environnement pour reprendre les travaux de sismique 2D dans le bloc lotus.

Cette décision qui intervient après plusieurs réunion de concertation entre l'administration en charge des questions environnementales, les écologistes et la société chinoise ne va pas manquer de relancer la polémique autour de la question de l'inviolabilité des parcs nationaux au Gabon. La décision prise par les autorités gabonaises il y a quelques mois reposait sur un argumentaire plus juridique qu'écologique. Ce n'est pas tant le principe de l'inviolabilité des zones de conservation qui a milité en faveur de ce retrait mais plutôt le fait d'avoir démarré les activités sismiques sans le quitus de l'administration de l'environnement. Cette administration a plutôt mis en avant le fait que la première étude réalisée par un cabinet dirigé par un gabonais, il faut le préciser, n'ait pas été validée. Mais on peut aisément poser la question à la même administration sur la fiabilité de la deuxième étude d'impact environnementale réalisée par Haskonig, un cabinet international dirigé par un hollandais. En quoi celle ci diffère de la première au regard de toutes les réserves émises par Brainforest, WWF, WCS et le CNPN?

Le Directeur Général de l'environnement n'a-t-il pas déclaré au cours d'une réunion avec toutes les parties prenantes que son administration ne disposait pas les moyens nécessaires pour suivre et vérifier le travail sur le terrain? N'at-i-il pas appelé à la "potentialisation" des études d'impact environnementale? Cet aveu signifie bien que toutes les études d'impact environnementale soumises à l'appréciation de son administration seront validée sous réserve d'un suivi sur le terrain. Avec quels moyen, Monsieur le Directeur?

L'affaire SINOPEC met en évidence plusieurs éléments:
1) Le gouvernement gabonais n'est pas prêt à se lancer dans une politique de conservation qui l'oblige à se détacher de l'économie de rente. Nous avons tous entendu sur les ondes des grandes radios internationales la première institution du pays déclarer que ce n'est pas avec l'écologie que le Gabon va payer sa dette? Mais les revenus du pétrole ne sont jamais venus à bout de la colossale dette du Gabon même quand le prix du baril atteignait des sommets historiques. L'Algérie a réussi à éponger toute sa dette avec la plus value pétrolière. Le Gabon pouvait emboiter le pas à ce pays pétrolier plus peuplé et plus endetté que le Gabon.
2) Le faible déploiement des ONG locales et le manque criard de moyens matériels pour couvrir tout le territoire et recruter des spécialistes en la matière continue à fausser le débat sur la conservation et la lutte contre la déforestation.
3) Malgré les moyens colossaux dont disposent les ONG internationales et leur déploiement sur le terrain, leur statut diplomatique les limite dans leur action de dénonciation et dans de réelles pressions sur le gouvernement.

Pour venir à bout de ces problèmes, le renforcement des capacités des ONG locales passe par leur professionnalisation. Un véritable groupe de pression de la part de la société civile gabonaise est nécessaire pour contrer les plans d'anéantissement de notre forêt.

Les responsabilités viennent dêtre confiées aux ONG internationales WWF et WCS pour surveiller le respect des engagements pris par SINOPEC pour le respect de la biodiversité dans ses opérations de prospection pétrolière, Brainforest appuit sans réserve cette initiative et les exhorte à ne pas céder aux pressions des responsables politiques qui n'hésiteront pas à brandir la menace de souveraineté de l'Etat. or, la question écologique n'appartient à aucun état c'est un problème planétaire.

Voici la décision de la Direction Générale de l'Environnement en date du 9 mai 2007. Vous pouvez télécharger les documents par feuille en pdf:

Certificat de conformité : Page 1, Page 2, Page 3
Annexe 1 : Page 1, Page 2
Annexe 2 : Page 1, Page 2

Nous publions ici les réserves émises par Brainforest au sujet de cette étude d'impact environnementale. Lire