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28-juillet-2007 :
Le Président français Nicolas Sarkozy et son homologue gabonais Omar Bongo Ondimba ont visité la forêt classée de la Mondah vendredi 27 juillet à l'occasion d'un éclair que le Président français effectuait au Gabon. Comme Collin Powell en 2002, Nicolas Sarkozy a salué le "Professeur Gabon" en matière de conservation. Ce qui constitue à nos yeux une déclaration gratuite. Les mêmes conseillers en environnement du Président gabonais et l'ancien Secretaire d'Etat Americain qui ont avancé des chiffres sur ce que devrait rapporter l'écotourisme si on venait à classer 10% du territoire national, sont les mêmes qui ont fait faire des déclarations aussi éronnées à Nicolas Sarkozy.
Aujourd'hui, le spectacle dans les parcs nationaux se passe de commentaire. Les bailleurs de fonds commencent à déchanter; certains projets comme le projet GEF ont du mal à démarrer et pour cause, l'administration des mines refuse d'intégrer les parcs dans sa vision économique. Conséquence, les permis d'exploration et de prospection sont attribué à tour de bras. Le dernier scandale en date, c'est bien l'autorisation pour la construction du barrage hydro-electrique sur les chutes Kongou, les plus belles chutes d'Afrique centrale, et qui ont motivé la création du Parc de l'Ivindo. Vous avez les détails sur ces menaces.
Si le but visé par les initiateurs de cette visite est de dissuader les hommes politiques gabonais à poursuivre les projets qui menacent cette forêt, ce bouclier et poumon de Libreville, on est en droit de penser que le Président français pourrait jouer un rôle déterminant auprès de son collègue et "ami" dans l'abandon du projet de construction du nouvel aéroport de Libreville dans la forêt de la Mondah, à proximité d'un parc d'oiseaux.
Mais si on vise comme d'habitude à s'offir un spectacle, dans la logique du "m'as tu vu?" comme on dit chez nous, c'est un flop.
Brainforest et Croissance Saine et Environnement n'ont pas fait partie des ONG invitées sur les lieux de la visite. Certaines sources dignes de foi affirment que le protocole français a bien souhaité que ces deux ONG très actives dans la défense de cette forêt y soient représentées mais un DG qui a ses comptes à régler aux responsables de ces structures a rayé leur noms.
N'empêche que pendant qu'ils étaient en train de se bousculer avec la sécurité de Monsieur Bongo et Monsieur Sarkozy sur le terrain, pour une visite éclaire de quelques minutes, nos deux leaders, Marc Ona et Nicaise Moulombi étaient en séance de travail à sa demande, il faut le préciser, avec Rama YADE, Secrétaire d’Etat auprès du ministre français des Affaires étrangères et européennes, chargée des Affaires étrangères et des Droits de l’Homme à l'hôtel Meridien. Au cours de cette entrevue, qui a duré près d'une heure, tous les points ont été évoqués dont celui des pressions qui sont exercées sur la forêt de la Mondah et particulièrement celui de l'aéroport et la bretelle du chemin de fer Ntoum-Santa Clara.
En ce moment précis, nous avons fait notre travail de lobbying dans ce domaine et d'autres encore. Brainforest se refuse à verser dans la politique de conservation spectacle. C'est notre point fort. Que ceux qui excellent dans ce jeu y trouvent leur compte pas nous.
Fiche technique de la forêt classée de Mondah :
Forêt classée en 1951, d'environ 10 000 hectares et qui dépend du Ministère de l'Economie forestière, des Eaux, de la Pêche et des Parcs nationaux, elle sert également de terrain d'expérimentation et de formation pour l'Ecole nationale des eaux et forêts (ENEF) basée au Cap Esterias. Située en zone littorale et caractérisée par de fortes précipitations (plus de 3 000 mm/an), cette forêt dotée de beaux spécimens d'Okoumés, est remarquable par l'endémisme de certaines espèces présentes (papillon, plantes, etc.). Constituant une des 3 aires protégées en périphérie de Libreville, elle touche le Parc national d'Akanda et fait face, de l'autre côté de l'estuaire, au parc national de Pongara.
Une partie importante de sa superficie initiale a été déclassée au fil du temps en raison de la pression démographique liée à l'extension de Libreville (15 km de l'aéroport) et est désormais exploitée à des fins agricoles. Son centre comprend une " parcelle du conservateur " dotée de sentiers aménagés qui offrent un premier contact avec la forêt tropicale humide et peuvent constituer une attraction intéressante pour un séjour touristique au Gabon (transit à Libreville).
Différents financements (coopération allemande, IUCN [World Conservative Union], WWF [World Wide Fund], CARPE [Central Africa Regional Program for the Environment de l'USAID]) en faveur de l'Ecole nationale des eux et forêts et des ONG locales environnementales (GRASSNAT, CADDE [Centre d'actions pour le développement durable et l'environnement) avec l'appui logistique des militaires français ont permis la création de sentiers botaniques dans la forêt. L'ONG CADDE bénéfice d'ailleurs d'un financement du Fonds français pour l'environnement mondial (FFEM) sur le Parc national d'Akanda.
Un projet de Wildlife Conservation Society (WCS) pour la création d'un circuit arboricole ludique et éducatif dans la forêt de la Mondah est en cours. Ce projet, d'un montant d'1,5 M$ a pour but de sensibiliser la jeunesse gabonaise (objectif 50 000 jeunes / an) à la biodiversité du Gabon et de servir de centre de formation sur l'environnement. Les financements acquis proviennent de dons privés, de TOTAL GABON et d'une banque locale (BGFI).
De par le caractère unique du biotope de la forêt classée de la Mondah, et sa proximité de Libreville et des deux parcs nationaux de Pongara et d'Akanda, ce site occupe une place stratégique dans le développement durable futur de la capitale. Sa flore riche, l'absence de grands mammifères dangereux et son accessibilité en font un outil très intéressant pour la sensibilisation et la formation, notamment des jeunes gabonais, à la nécessité de préserver cet environnement et sa biodiversité spécifique.
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