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Our dear leader Giuseppe Vassallo left us on Friday 31st March 2000 for a sudden car accident: his ideas and teachings will never die.

LIBREVILLE, 21 déc (AFP)
Pressé par le FMI, le Gabon restructure sa filière bois

Pressé par le Fonds monétaire international (FMI), l'Etat gabonais vient de lancer la restructuration de la Société nationale des bois du Gabon (SNBG) qui perdra, au 1er janvier 2006, son monopole sur la commercialisation des grumes d'okoumé et d'ozigo.

Très attendue, la décision a été saluée par les gros exploitants forestiers qui rendent, comme certains observateurs, la SNBG en partie responsable de la crise que traverse depuis 1998 le secteur stratégique du bois au Gabon, premier employeur privé du pays.

"Que l'Etat ait accepté est une révolution", se réjouit un exploitant, estimant que "la SNBG ne faisait plus rien pour les forestiers".

L'Etat n'avait en fait pas vraiment le choix: cette restructuration était exigée par l'accord de confirmation signé en mai 2004 avec le FMI, au titre de l'un des deux critères de performance dont le non-respect peut faire annuler le programme.

Jusqu'ici, les exploitants d'okoumé et d'ozigo, deux essences aux qualités reconnues pour la production de contreplaqué, vendaient leurs grumes sur la base de quotas et à un prix fixe à la SNBG, détenue à 51% par l'Etat gabonais et à 49% par les sociétés forestières, qui en assurait la commercialisation à l'étranger.

Celle-ci exerçait également par ce biais un contrôle de la qualité, assurait régulation des prix et collectait droits et taxes pour l'Etat gabonais. L'okoumé/ozigo transformé localement et les "bois divers" (autres que l'okoumé/ozigo) n'étaient, eux, pas soumis au monopole de la SNBG.

Un système intéressant pour les petits producteurs, moins aptes à négocier sur le marché international. Mais "les grosses entreprises forestières n'ont pas besoin de la SNBG", estime un observateur.

Certains économistes et exploitants dénoncent un système rigide, inefficace, aux coûts prohibitifs, notamment en raison d'un personnel "pléthorique", qui rend l'okoumé gabonais peu compétitif par rapport à celui de ses voisins du Congo et de Guinée équatoriale, les deux seuls autres pays producteurs au monde.

"Il y a un coût à la structure, c'est vrai, mais la structure apporte un service qu'il faut rémunérer", répond un brin agacé le PDG de la SNBG, Jean-Prosper Moussouamy, qui doute que la disparition du système actuel profite à terme aux forestiers.

"Il est plus facile de peser de manière importante sur un marché quand on est regroupé sous la forme d'un ensemble. Quand on est dispersé, on a moins de poids", explique-t-il. "Je ne suis pas persuadé que tout le monde tirera son épingle du jeu" à la disparition du système actuel.

"Les gros forestiers sont contents, les petits ont peur de se faire dévorer", admet un exploitant.

Quant à la compétitivité de l'okoumé gabonais, le PDG défend son entreprise et accuse les producteurs des pays voisins, non soumis à un système similaire de commercialisation, de systématiquement "s'aligner 5 à 10% en dessous des prix de la SNBG pour se placer" sur le marché.

D'autant plus facile, note-t-il, que les nombreuses entreprises asiatiques installées sur place sont à la fois producteurs et clients, l'Asie étant le principale destination de ces types de bois.

Les modalités de restructuration de la SNBG restent maintenant à déterminer, de même que le système qui lui succèdera. Selon un observateur, une SNBG nouvelle formule pourrait se limiter à un rôle de contrôle et de négoce pour les petites entreprises.

Un exploitant forestier souhaite, lui, un nouvel organisme chargé de la classification de l'ensemble des bois.

Reste que le changement de système ne règlera pas tout. "La crise a des facteurs exogènes", tempère un observateur. "Le frein le plus important reste la fiscalité" de la filière, affirme un forestier.